La Tribune - 05/06/08
L'économie américaine devrait échapper à la récession
Sur l'ensemble de l'année, la croissance de la première économie mondiale ne dépasserait pas 1,2 %.
Les prévisions de croissance du PIB
L'économie américaine " va pour l'essentiel stagner " jusqu'à la fin de l'année, mais devrait échapper à une récession, selon les dernières perspectives économiques de l'OCDE. Sur l'ensemble de l'année, la croissance de la première économie de la planète ne dépasserait pas 1,2 % avant de revenir graduellement vers son potentiel l'an prochain pour atteindre 3 % en glissement annuel au quatrième trimestre 2009, selon les économistes du château de la Muette.
" Les économies de l'OCDE se trouvent confrontées à trois chocs négatifs qui réduisent la demande : la crise financière, le ralentissement du cycle mondial du logement et la contraction des revenus réels dus à l'envolée des prix de l'énergie et des produits alimentaires ", souligne l'OCDE. Trois chocs indissociables de la montée en puissance des pays émergents. " Le cycle du crédit, du logement et des prix des actifs qui s'est aujourd'hui retourné était alimenté par des taux d'intérêt faibles, conséquences de l'excédent mondial d'épargne, auquel les économies émergentes ont largement contribué, et de la désinflation importée, due à la pénétration de produits manufacturés bon marché ", estime l'OCDE.
Mais ces mêmes pays émergents constituent l'ultime planche de salut des pays anciennement industrialisés. Aux États-Unis, " le commerce extérieur est devenu le principal moteur de la croissance, les exports profitant de la faiblesse du dollar et de la robustesse de la croissance extérieure ", souligne l'OCDE. Et les Bric (Brésil, Russie, Inde, chine) continuent d'afficher des rythmes de croissance à faire pâlir d'envie. L'OCDE souligne ainsi que la demande intérieure est devenue le principal moteur de la croissance chinoise, qui dépend beaucoup moins de ses exportations.
TENSIONS INFLATIONNISTES
Les entreprises européennes sont pour leur part les principales bénéficiaires du boom économique du Moyen-Orient et de la Russie provoqué par la flambée des cours du pétrole. La croissance de la zone euro ralentirait à 1,7 % en 2008 et 1,4 % en 2009. Compte tenu de l'existence de tensions inflationnistes en Europe, l'OCDE considère que la politique monétaire de la Banque centrale européenne est adaptée. La Réserve fédérale devrait maintenir son taux d'intérêt à 2 % jusqu'en 2009.
XAVIER HAREL







