PÉTROLE. Un baril sous les 100 $ changerait la donne pour les producteurs
Le ralentissement économique mondial, plus prononcé en Europe qu’aux Etats-Unis, va probablement toucher les économies émergentes, les plus gourmandes en énergie. C’est ce qui a incité les spéculateurs à prendre leurs profits sur le marché pétrolier. Depuis le pointhautdu11 juillet à147,27$, le cours du baril a perdu 25%. Ainsi, de plus en plus d’experts prédisent un prochain passage sous les 100 $,un scénario que l’Opep (réunion à Vienne mardi prochain) fera tout pour éviter .En attendant, la Bourse se détourne du secteur, car la rentabilité des producteurs, écornée par la hausse des coûts de production même en période faste, ne pourra que se dégrader si les cours continuent de refluer. S. A.
NOTRE CONSEIL
Nous restons à l’achat sur Total (code mnémo : FP), qui présente une faible valorisation (7,4 fois le bénéfice estimé 2008).
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IMMOBILIER. Les loyers au cœur de la question
Même s’il ne s’agit pas encore d’une crise, comme en Espagne ou aux Etats-Unis, le secteur immobilier français
donne des signes de faiblesse depuis plusieurs mois (lire notre enquête dans le numéro1806).Le ralentissement des créations d’emplois en France, prévu jusqu’à la fin 2009, risque de faire monter les taux de vacance des bureaux, qui constituent le principal actif des sociétés foncières cotées, d’autant que l’offre va continuer à progresser rapidement avec l’achèvement des nombreux chantiers lancés en 2005-2007. Cela pourrait faire baisser les loyers de début de bail, qui plafonnent déjà depuis le début de l’année. La hausse des loyers sous l’effet de l’indexation avait auparavant permis de maintenir globalement la valeur des actifs nets réévalués (ANR) malgré la baisse des prix des transactions.
Dans un tel contexte, la publication des indices des loyers ICC et ILC début octobre prendra une importance
particulière. Autre test important pour le secteur : l’accueil qui sera réservé à l’augmentation de capital de 200 à 300 millions d’euros prévue par l’exploitant de centres commerciaux Klépierre pour financer la prise de contrôle du groupe norvégien Steen & Strøm. S. B.
NOTRE CONSEIL
Nous sommes réservés vis-à-vis du secteur, mais restons acheteurs de Klépierre (code mnémo : LI) et, parmi les sociétés plus petites, d’ANF (ANF).
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STALLERGÈNES. Une dimension spéculative
Le feu vert récent obtenu en Allemagne par Stallergènes pour le lancement de son premier comprimé innovant contre l’allergie aux graminées, Oralair, qui sera suivi d’ici à un an par une autorisation dans les autres pays d’Europe, va raviver les convoitises. En effet, des discussions sont engagées dans l’optique de finaliser un partenariat avec un acteur mondial de la pharmacie qui prendrait en charge la commercialisation du produit outre-Atlantique, zone qui nécessite une force commerciale d’ampleur. Une opération pourrait donc être annoncée à court terme. Compte tenu de sa taille, elle pourrait prendre la forme d’une OPA amicale sur Stallergènes dans le cadre de la sortie de son actionnaire de référence Wendel.
A. B.
NOTRE CONSEIL
Acheter à titre spéculatif avec un objectif de 66 € (code mnémo : GENP).
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DÉFENSE. Un possible effet domino à partir de Thales
Les conséquences de la nomination de Philippe Camus à la présidence non exécutive d’Alcatel-Lucent pourraient dépasser le secteur des télécoms et relancer la réorganisation du secteur de la défense en France. La nouvelle direction de l’équipementier télécoms se donnera certainement un peu de temps avant d’annoncer la nouvelle stratégie, mais certains investisseurs parient déjà sur la cession des 20,8% détenus au capital de Thales afin d’améliorer sa structure financière. Or, Dassault Aviation, autre actionnaire de Thales, ne semble plus intéressé pour reprendre ces 20,8%. Idem pour Safran. Resterait alors une option : un jeu de dominos avec EADS, qui rachèterait cette participation et vendrait parallèlement les 46,3% qu’il détient au capital de Dassault Aviation. Les spéculations courent depuis plusieurs années dans le secteur. Le dénouement est peut-être désormais proche
. D. T.
NOTRE CONSEIL
Nous restons à l’écart d’Alcatel-Lucent(code mnémo : ALU) mais à l’achat d’EADS (EAD), de Thales (HO) et de Safran (SAF).
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DOLLAR. Les Etats-Unis à un tournant politique et monétaire
S’il est impossible de prédire l’impact de l’élection américaine du 4 novembre sur la Bourse (lire aussi page 38), on
peut tout de même parier que les investisseurs vont être plus attentifs aux valeurs supposées bénéficier de l’élection de l’un ou l’autre des candidats – classiquement, la santé pour les démocrates, la défense pour les républicains – bien que les corrélations ne se révèlent pas très convaincantes a posteriori. Au-delà de l’élection, le véritable enjeu réside dans le niveau du dollar, dont la remontée devrait se poursuivre avec la perspective d’une remontée des taux d’intérêt directeurs aux Etats-Unis, attendue à la fin 2008 ou au début 2009, alors que la Banque Centrale Européenne pourrait au contraire baisser les siens en 2009. Les valeurs dollar seraient donc dans un courant favorable.
S. B.
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BANQUES. L’impact du ralentissement économique
La prudence reste de mise alors que les financiers avaient déjà cru, au printemps dernier, que le pire de la crise des subprimes était passé. La prochaine salve des résultats trimestriels devrait débuter en octobre avec les banques d’affaires américaines et concerner les banques françaises à partir des 5 et 6 novembre (respectivement BNP Paribas et Société Générale). Il ne faut pas se faire d’illusions : après les dépréciations dues aux subprimes, les banques souffriront du ralentissement économique. Autre enjeu majeur pour le secteur : la mise en place de nouveaux modèles économiques, centrés sur des métiers moins risqués mais moins rémunérateurs. Ainsi, Crédit Agricole SA présentera, le 10 septembre, la nouvelle stratégie de sa banque de financement et d’investissement.
La manière dont se passera l’augmentation de capital de Natixis constituera également un test de l’opinion des investisseurs sur l’état du secteur. Pour ces valeurs éprouvées reste le joker de la spéculation, comme l’illustre le rachat de Dresdner Bank par Commerzbank, en Allemagne. S. B.
NOTRE CONSEIL
Nous restons prudents sur les banques, compte tenu de la persistance de nombreux facteurs de risques. Rester à l’écart de Crédit Agricole SA (code mnémo : ACA), Natixis (KN) et Société Générale(GLE). Acheter BNP Paribas (BNP). Dexia présente un intérêt spéculatif (DX).
INFORMATIQUE Retournement ou pas ?
Jusque-là, tout va bien pour les sociétés de services informatiques. Crise financière et morosité économique n’ont visiblement pas eu d’impact sur leur performance opérationnelle au premier semestre. En effet, au vu de la série de bons résultats publiés par les acteurs majeurs du secteur en France, à l’image de Sopra ou Steria ces derniers jours, la dynamique de croissance n’a pas été affectée. Au contraire, elle s’est même accélérée dans un contexte difficile. Pour le reste de l’année, les SSII sont quasiment toutes en ligne avec leurs perspectives et ne voient pas de signe de ralentissement. Les craintes persistantes sur la santé de l’économie font toutefois ressurgir le spectre de retournement du marché. Après une croissance de 7%en 2007, le marché français des logiciels et des services informatiques devrait s’établir entre 5% et 7% en 2008, selon le Syntec Informatique, ce qui reste très soutenu.
La conférence semestrielle de la chambre syndicale de la profession, organisée le 5 novembre, sera sans doute l’occasion d’affiner les perspectives pour le reste de 2008. D’ici là, on se montre confiant dans les rangs des SSII. «Le rôle et le poids de l’informatique dans l’économie ont changé. Ce n’est plus une variable d’ajustement. Les besoins sont différents. L’informatique e s t c o n ç u e comme un outil de rationalisation », avance François Enaud, le président de Steria. Quoi qu’il en soit, le coup de froid, si coup de froid il y a, s’annonce sans commune mesure avec la crise du secteur en 2001- 2003, liée à l’éclatement de la bulle Internet. Le contexte est en effet bien différent. Le pourcentage récurrent de chiffre d’affaires est aujourd’hui plus élevé qu’au début des années 2000. Surtout, l’accélération du mouvement de l’offshore (externalisation des services vers les pays à bas coûts) devrait contribuer au soutien du secteur. K. T.
NOTRE CONSEIL
Nous restons globalement positifs sur le secteur, qui a bien résisté aux turbulences boursières.Le marché offre de bonnes opportunités. On peut acheter les valeurs en croissance telles Capgemini (code mnémo : CAP) et Steria (RIA). Les services informatiques regorgent par ailleurs de petites sociétés positionnées sur des marchés en croissance, telles, par exemple, Solucom (LCO) et Sodifrance (SOA), qui reste l’une des valeurs les moins chères du secteur.
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AUTOROUTES. Dangereuses négociations de tarifs
La question du pouvoir d’achat s’est invitée fin juin dans le round de renégociation quinquennal des tarifs des autoroutes. Le secrétaire d’Etat aux transports a ainsi demandé aux concessionnaires de faire un «geste commercial» envers les automobilistes. ASF-Escota (détenu à 100%par Vinci) est passé au bon moment, obtenant à la mi-2007 une hausse des tarifs satisfaisante (85% de l’inflation + un fixe de 0,8%).Cofiroute (contrôlé par Vinci et de façon minoritaire par Bouygues) a signé un avenant pour 2009-2010 qui lui assure une hausse équivalente à 85%de l’inflation plus un fixe de 0,41%. Le moins bien loti reste APRR (contrôlé par Eiffage et Maquarie), qui doit négocier
au plus mauvais moment, d’ici à la fin 2008. S. B.
NOTRE CONSEIL
Acheter Vinci (code mnémo : DG) en visant 45 € et Bouygues (EN), moins concerné par la question, en visant 50 €. Conserver APRR (ARR). Rester à l’écart d’Eiffage (FGR), plus risqué.
GRANDE DISTRIBUTION. Vers une passe plus délicate
Consommation des ménages en berne et concurrence accrue sur les prix... Dans ce contexte défavorable, les grands distributeurs n’ont qu’un seul mot à la bouche : reconquérir les parts de marché. Ce qui ne peut se faire, pour ne pas peser sur des marges déjà minces, qu’en baissant les coûts. Dans cet environnement va se mettre en place la loi de modernisation de l’économie (LME) qui prévoit une meilleure négociabilité avec les industriels, une ouverture facilitée pour les petites surfaces (moins de 1.000m2), ce qui pourrait faire bouger les lignes entre les distributeurs, et une réduction des délais de paiement aux fournisseurs. Les décrets d’application devraient être publiés d’ici à la fin de l’année.
S. A.
NOTRE CONSEIL
Notre favorite est Casino (code mnémo :CO).Carrefour (CA) est réservée aux spéculateurs.
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MÉDIAS. Redistribution des cartes dans la publicité TV
La directive européenne sur l’audiovisuel, qui permettra à TF1 et M6 notamment de diffuser plus de publicité dès 2009, devrait être applicable en janvier prochain, en même temps que la suppression de la publicité sur France Télévisions après 20 heures. Cette déréglementation intervient dans un contexte de baisse de la consommation quotidienne des grandes chaînes de télévision et d’une dégradation de la conjoncture publicitaire. Si les nouveaux créneaux publicitaires devraient rapporter aux chaînes privées entre 135 et 750millions de recettes complémentaires potentielles, la conjoncture publicitaire, très liée à l’évolution de la consommation, ne devrait pas s’arranger en2009, si l’on en croit les prévisions des agences Publicis ou Havas. L’annonce est largement attendue par les marchés mais la publication au Journal officiel du décret d’application de la directive européenne devrait bénéficier aux titres TF1 et M6. P.-A. P.
NOTRE CONSEIL
Acheter M6 (code mnémo : MMT) en visant 18 €, Havas (HAV) en visant 3 € et Publicis Groupe (PUB) en visant 27 €. Conserver TF1 (TFI). Prises partielles de bénéfices sur NRJ Group (NRG).
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AREVA, ALSTOM, BOUYGUES
Un dossier très politique
Les rumeurs sont déjà allées bon train concernant l’avenir d’Areva. Le scénario principal prévoit une fusion entre le groupe nucléaire public et l’industriel Alstom, lui-même contrôlé à 30% par le groupe Bouygues. Au final, ce dernier pourrait détenir 30 à 40% du nouvel ensemble et l’Etat, entre 15 et 20%. Ce montage serait avantageux pour Bouygues, qui devrait cependant dégager des fonds –par des arbitrages d’actifs ? – pour monter sa participation, ainsi que pour Alstom. Reste à savoir si le chef de l’Etat prendra le risque politique de faire un tel «cadeau » à un entrepreneur réputé être son ami. Il faudra aussi désintéresser l’industriel allemand Siemens,actionnaire d’une
activité stratégique d’Areva. Ce dossier, qui exige une gestion politique très fine, pourrait donc plutôt se déboucler en 2009. S. B.
NOTRE CONSEIL
Acheter Alstom (code mnémo : ALO) en visant 85 €, Bouygues (EN) en visant 50 € et Areva CI (CEI), 850 €.
RETRAITS. Esso et Elf,cibles potentielles
L’actuelle sous-valorisation des actifs en Bourse incite aux retraits de valeurs de la cote, comme l’illustre Clarins. Parmi les cibles potentielles figurent Elf Aquitaine (filiale à 99,5% de Total) et Esso (filiale à 82,9%d’ExxonMobil).
Pour Elf Aquitaine, on sait depuis des années que 2009 correspond à l’échéance des stock-options de l’ancien groupe pétrolier, ouvrant logiquement la voie à un retrait de la cote de la part deTotal. Pour sa part, Esso, raffineur et distributeur de carburants en France, pourrait, selon des informations de marché, intéresser des industriels russes de l’énergie qui souhaitent se développer dans ces métiers. A tout le moins, la reprise des transactions dans le secteur permettrait de mieux valoriser Esso. S. B.
NOTRE CONSEIL
Achat spéculatif d’Elf Aquitaine (code mnémo : AQ, au compartiment des valeurs radiées) en visant 290 € et d’Esso (ES) en visant 155 €.







