Premiers signes d'amélioration de l'économie américaine
[ 02/06/09 ] LES ECHOS
Revenu en hausse pour la première fois depuis un an, chute moins marquée de la consommation des ménages, contraction un peu moins sévère de l'économie au premier trimestre... la récession se ralentit aux Etats-Unis.
DE NOTRE BUREAU DE NEW YORK.
La récession est en train de s'affaiblir aux Etats-Unis. La contraction du produit intérieur brut (PIB) a été moins forte au premier trimestre 2009 (- 5,7 %) que préalablement estimé et certainement moins aiguë que celle du dernier trimestre 2008 (- 6,3 %). Personne ne veut encore croire que l'on ait atteint le bout du tunnel, mais Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale, prévoit une sortie de récession pour septembre. Les entreprises sont d'ailleurs parvenues à enregistrer 42,6 milliards de dollars de bénéfices sur les trois premiers mois de l'année contre une perte collective de 250,3 milliards de dollars le trimestre précédent. « Cette révision mineure de la croissance ne doit pas occulter le fait que l'économie a beaucoup souffert pendant cette première partie de l'année », affirme toutefois Joel Naroff, chef économiste de TD Bank pour qui la vraie bonne surprise a été la forte hausse de l'indice de confiance des consommateurs publié par l'université du Michigan. Il est passé de 57,3 en mars à 65,1 en avril pour atteindre 68,7 en mai. « Les consommateurs ont repris confiance, mais à un niveau encore relativement faible, surtout en ce qui concerne leurs finances personnelles », souligne Richard Curtin, directeur du Reuters-University of Michigan Surveys of Consumers.
On a pu le constater avec le chiffre de la consommation des ménages publié hier, en baisse de 0,1 % en avril. Mais cette diminution est moins importante que celle enregistrée au mois de mars (- 0,3 %) et est inférieure à ce qu'attendaient les analystes. La prudence des familles américaines se révèle également dans la hausse continue de l'épargne qui atteint désormais 5,7 %. C'est un effet induit du plan de relance. Celui-ci a également eu un impact sur le revenu des ménages, en hausse pour la première fois depuis un an, à 0,5 %, même si les salaires sont restés stables. L'inflation se réduit également : en rythme annualisé, elle s'établit à 0,4 % à fin avril contre 0,6 % à fin mars.
On trouve aussi des signes de stabilisation du côté de l'immobilier - les ventes des maisons repartent mais les prix déclinent encore - et les dépenses en construction au mois d'avril ont affiché une progression de 0,8 %. Mais, selon Patrick Newport, économiste chez IHS Global Insight, c'est principalement à cause de la reprise de travaux d'amélioration, les dépenses en construction ayant décliné de 0,3 %, indique-t-il.
Nouvelles commandes
Plus encourageant, pour la cinquième fois d'affilée, l'indice ISM du secteur manufacturier s'est inscrit en hausse, à 42,8 en mai. « Le profil de l'économie américaine est désormais celui d'une économie qui va rapidement sortir de récession. La hausse spectaculaire des nouvelles commandes au cours des trois derniers mois associée à la baisse des stocks va se traduire par une hausse marquée de la production. Cette dynamique est très importante car elle va se diffuser sur le reste de l'économie », observe Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis Asset Management
La grande inconnue reste l'évolution du chômage. L'économie américaine a perdu 5,7 millions d'emplois depuis décembre 2007 et, en avril, le taux de chômage a atteint 8,9 %. Le chiffre du mois de mai sera publié vendredi. Il pourrait atteindre 9,2 %.
VIRGINIE







