• Google
  • Banners
  • Analyse de l’actualité économique et financière

    Analyse de l’actualité économique et financière

Une lueur d'espoir : La pire chose pour l'économie mondiale

Retrouvez les meilleures analyses, infos, articles provenant des médias du monde entier sur des sujets d’actualités : Articles en français « exclusifs » Roubini, Krugman,Soros, Shiller....
Règles du forum
Melvine en Action autorise la publication partielle des Articles traduits ou écrits par Melvine en Action, à la condition de faire figurer la mention suivante :
"Traduction par : Melvine en Action, Source :http://www.melvineenaction.com/"

Et oui c'est du travail ! ;-)
  • Advertisement

Une lueur d'espoir : La pire chose pour l'économie mondiale

Messagede Melvine le Jeu 23 Avr 2009 13:01

Melvine en Action
Jeudi 23 Avril 2009 à 14h00


Une lueur d'espoir ?

La pire chose pour l'économie mondiale serait de supposer que le pire est passé


Image
Illustration par Jon Berkeley

Les rayons sont diffus, mais les particules de lumière sont indéniables. Les prix des actions sont en forte progression. Même après la glissade en début de semaine, les deux tiers des 42 bourses que The Economist suit sont montées au cours des six dernières semaines de plus de 20%. Différents indicateurs économiques de différentes régions du monde se sont améliorés. L'économie de la Chine reprend. La chute de la production manufacturière à l'échelle mondiale semble se calmer. Les Marchés de l'immobilier en Amérique et en Grande-Bretagne montrent des signes de vie, alors que les taux hypothécaires et que les prix des maisons deviennent plus abordables. La confiance augmente. L’indice très suivi des investisseurs en Allemagne est devenu positif pour la première fois en presque deux ans.

Tout cela est bienvenu, d'autant plus que la chute a été tellement aggravée par la panique et le désespoir. Lorsque le système financier était au bord de l'effondrement en Septembre, les investisseurs ont tout abandonné sauf les actifs les plus sûrs, les consommateurs ont arrêté de dépenser et les entreprises ont fermé. Cette plongée dans les profondeurs pourrait être suivi par un cycle vertueux, où la roue du financement tournerait de nouveau, les consommateurs plus joyeux ouvrent leurs portefeuilles et les entreprises ambitieuses à la poursuite des bénéfices amassent de l'argent.

Mais tout bienvenu qu’il soit, l'optimisme contient deux pièges, l'un évident, l'autre plus subtil. Le piège évident c’est que la confiance se révèle mal placée, que la lueur d'espoir est interprétée comme le début d'une forte reprise quand tout montre, que le taux de déclin ralentit seulement. Le piège subtil, particulièrement pour les politiciens, c'est que la confiance et de meilleures nouvelles créent une suffisance ruineuse. L'optimisme est une chose, mais l'orgueil que l'économie mondiale est de retour à la normale pourrait entraver la reprise et bloquer les politiques visant à se protéger contre une nouvelle plongée dans les profondeurs.

Indicateurs lumineux
Commençons par ces lueurs. Il est facile de lire trop de choses dans le gain du prix des actions. Les marchés boursiers en général reprennent d'habitude avant que les économies ne s'améliorent, parce que les investisseurs remarquent la promesse de plus gros bénéfices avant que les statisticiens documentent un revirement. Mais beaucoup de rallyes pétillent pour rien. Entre 1929 et 1932, l'indice Dow Jones des valeurs industrielles a grimpé de plus de 20% quatre fois, pour retomber en dessous de son précédent plus bas. La crise actuelle a vu cinq rallyes dans lequel le prix les actions ont progressé de plus de 10% seulement pour chuter de nouveau.

Les statistiques économiques sont difficiles à interpréter, aussi. Les six derniers mois ont vu plusieurs chutes, chacune avec une trajectoire différente. La plongée dans la production industrielle est en partie le résultat d'un vaste ajustement d'inventaire. Avec des marchandises invendues s'accumulant et le financement difficile à trouver, les entreprises partout dans le monde ont réduit la production encore plus vite que la demande n’est tombée. Une fois que les entreprises ont réduit leurs stocks, elles vont recommencer à produire de nouveau et de la récession de la production industrielle aura passé ses pires moments.

Même si ce moment est à portée de la main, deux autres baisses sont susceptibles d'empoisonner l'économie pour beaucoup plus longtemps. La plus importante est la crise bancaire et la purge de la dette dans la bulle de l'économie, en particulier en Amérique et en Grande-Bretagne. La demande a chuté étant donné le resserrement du crédit et que la baisse des prix des actifs a exposés les consommateurs à des emprunts excessifs et les ont entraîné à épargner plus. L'histoire suggère que de telles récessions de bilan sont longues et que les reprises qui suivent éventuellement sont faibles.

La seconde baisse est dans le monde émergent, où de nombreuses économies ont été touchées par la chute brutale dans les flux de capitaux internationaux du secteur privé. Les économies émergentes, qui ont importé une valeur de capital de 5% de leur PIB en 2007, aujourd'hui font face à un monde où les investisseurs prudents gardent leur argent à la maison. Selon le FMI, les banques, les entreprises et les gouvernements dans les pays émergents, ont une valeur d'emprunt en cours de l'ordre de $ 1,8 trillions de cette année, principalement dans l'Europe centrale et Europe de l’Est. Même si les marchés émergents échappent à une véritable crise de la dette, il est peu probable la confiance des investisseurs reviennent avant des années.

Ces crises ont envoyé de l'économie mondiale dans un déclin qui, à plusieurs titres, a été plus fort que le début de la grande Dépression. La dernière Perspective Économique Mondiale du FMI s'attend à une contraction de l’activité mondiale de 1.3 % cette année, sa première baisse en 60 ans. Mais la chute a été parée par la réponse politique la plus ambitieuse de l'histoire. Les banques centrales ont injecté des milliards de dollars de liquidités et, en nombre croissant, ont eu recours à la puissance de feu d’un arsenal "non conventionnel" de plus en plus exotique afin d’aider les marchés du crédit et de desserrer les conditions monétaires alors même que les politiques de taux approche zéro. Les gouvernements se sont battus pour soutenir leurs banques, engageant des milliers de milliards de dollars dans le processus. Le FMI a de nouveaux fonds. Tous les grands pays riches ont renforcé la demande avec des mesures d'incitation fiscales (et comme l’ont fait aussi beaucoup de pays émergents). Le déficit budgétaire des pays riches atteindra, en moyenne, près de 9% du PIB, soit six fois plus élevé qu'avant la crise.

La recherche d'une nouvelle demande

Un grand nombre de pays mettent leurs espoirs sur : l'Amérique. L'ajustement du marché du logement a commencé plus tôt là-bas que partout ailleurs. Les prix ont culminé il y a presque trois ans, et sont maintenant en baisse de 30%. La production manufacturière a chuté à un taux annualisé de plus de 20% pour les trois derniers mois.

Comme les ajustements d'inventaire se terminent et que les stimuli agissent, le marasme Américain est certain de diminuer. Soignée par le gouvernement, l'économie peut même commencer à se développer à nouveau, sous peu. Mais il est difficile d’y voir les ingrédients pour une reprise qui est soit robuste pour arrêter la hausse du chômage. La faiblesse des économies étrangères freine les exportations. Les banques Américaines ont été supportées à grand renfort de capitaux publics, mais les bilans sont remplis avec des actifs toxiques. Les dépenses de consommation et les investissements des entreprises seront freinés par la nécessité de rembourser la dette et de rétablir l'épargne. Ce sera long. Les leviers du secteur privé, qui ont augmenté à 70% du PIB entre 2000 et 2008, ont à peine commencé à se détendre. A 4%, le taux d'épargne des ménages a augmenté fortement à partir de son bas de près de zéro, mais il est encore loin en dessous de sa moyenne d'après-guerre de 7%. Le chômage plus élevé et la hausse des faillites pourrait facilement entraîner une nouvelle baisse brutale.

En Grande-Bretagne, compte tenu de la taille de son industrie financière, du boom du logement et des consommateurs, le bilan, l'ajustement, le cas échéant, sera encore plus grand. La livre plus faibles sera une bouée pour les exportations, mais la situation fragile des finances publiques suggèrent que la Grande-Bretagne a beaucoup moins de possibilités d'utiliser l’argent du gouvernement pour aider le secteur privé que l'Amérique ne l’a fait- cette semaine, les défaillances du budget ont été douloureusement évidentes .

Les perspectives devraient en théorie être plus brillantes pour l'Allemagne et le Japon. Tous deux ont vu la production chuter plus rapidement que dans d'autres pays riches en raison de l'effondrement des échanges commerciaux, mais ils n’ont pas non plus les énormes emprunts privés du genre de ceux qui hantent le monde anglo-saxon. Une fois que les stocks seront ajustés, la valorisation devrait revenir rapidement. En pratique, cependant, cela semble peu probable, surtout en Allemagne. Comme la production s’effondre, l'Allemagne aura des taux de chômage vers les deux chiffres, il est difficile de voir les consommateurs faire de folles dépenses.

Pas grand chose à propos de lueur

Additionner tout cela et les raisons d’être optimiste s'estompent rapidement. Le pire est terminé seulement dans le sens le plus étroit que le rythme de la baisse mondiale a atteint son point culminant. Grâce aux massives (et insoutenables) transfusions fiscales et monétaires, la production se stabilisera par la suite. Mais à bien des égards, des jours plus sombres s'annoncent. Malgré l'ampleur de la chute, aucune reprise n’est en vue. La croissance, quand elle viendra, sera trop faible pour arrêter la hausse du chômage. Et pendant des années la plupart des économies du monde dépendront de leurs gouvernements.

Considérez ce que cela signifie. Une grande partie du monde riche verra des taux de chômage qui atteignent les 2 chiffres y restera. La déflation, une maladie dévastatrice dans des économies couvertes de dettes pourraient pousser à une baisse des prix et des salaires. La dette publique va grimper en raison de la faiblesse de la croissance, la stimulation prolongée des dépenses et l'augmentation du coût du nettoyage du gâchis financier. Les pays membres de l'OCDE ont commencé la crise avec des stocks de dette, en moyenne, à 75% du PIB, en 2010 cela atteindra 100%. Une analyse suggère que la faiblesse persistante pourrait pousser les plus grandes économies à des ratios d’endettement de 140% d'ici 2014. Le chômage continu, des années d'investissement faibles et l'augmentation du fardeau de la dette publique, à son tour, altérera le potentiel de l’économie. Bien qu'il n'y ait pas de signe que l'économie mondiale sera de retour à son taux de croissance dans un avenir proche, il est déjà clair que ce rythme sera plus faible qu'avant la crise.

Préparez vous pour la prochaine décennie

Bienvenue dans une ère d’espérances diminuées et de dangers continus, un monde où les décideurs politiques doivent gouverner entre la menace imminente de la déflation tout en en parant aux craintes (raisonnables) des investisseurs que le gonflement des dettes publiques et l’assouplissement monétaire pourraient éventuellement conduire à une inflation élevée ; un monde inconnu où les emprunts publics atteignent une ampleur sans précédent depuis la seconde guerre mondiale, lorsque le contrôle des capitaux a fait en sorte que l'épargne reste au pays.

Comment faire face à ces dangers ? Certainement pas en s'agrippant à des petits bouts de bonnes nouvelles. Cela risque de conduire à moins d'action dès maintenant. Conjurer la déflation, par exemple, exigera encore plus d’étapes non conventionnelles de la part des banques centrales pour plus longtemps que certains ne semblent le prévoir à présent
Les gouvernements ne devraient pas non plus tenter de reprendre immédiatement les fonds de stimulation budgétaire. Une faiblesse prolongée de économique fait beaucoup plus de dégâts pour les finances publiques que de l'activisme budgétaire temporaire. Souvenez-vous de savoir comment le Japon a étouffé son redressement dans les années 1990 en se dépêchant d’augmenter les impôts.

Le Japon a également retardé la réforme bancaire. Les pays faisant face à des ajustements de bilan importants doivent tenir compte de cette leçon et pousser la réforme, notamment en faisant plus de nettoyage et en restructurant les banques. Les pays ayant des excédents doivent encourager les dépenses privées locales avec plus de vigueur. Les dirigeants chinois font encore trop peu pour stimuler les revenus des citoyens et leurs dépenses, en favorisant les réformes, de l'élargissement de la couverture sanitaire à forcer les entreprises appartenant à l'État à payer plus de dividendes.

Dans le même temps, les décideurs doivent se donner la possibilité de changer de cap à l'avenir. Les banques centrales doivent fixer des règles qui régissent leur politique de sortie de l’aide exotique .Cela peut exiger de nouveaux outils: la Réserve fédérale gagnerait à être en mesure d'émettre des obligations qui pourraient absorber la liquidité. Tous les gouvernements, en particulier ceux qui ont les finances publiques les plus mal en point, devraient penser avec audace à la façon de réduire leurs ratios d'endettement à moyen terme de façon à ne pas étouffer la demande du secteur privé naissant. Plutôt que de faire monter les taux d'imposition, il convient de réfléchir à augmenter l'âge de la retraite, maîtriser les coûts de la santé et élargir l'assiette fiscale.

Ce week-end beaucoup de ministres des Finances du monde et des banquiers centraux vont se réunir à Washington, DC, pour les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale. Au milieu de la confiance naissante, ils seront tentés de se taper dans le dos. Il n'y a pas de temps pour cela. La pire crise mondiale depuis la dépression est loin d'être terminée. Il y a du travail à faire.

Source : Extraits d'un article De la revue The Economist
Traduction par Melvine en Action
Pour les Articles traduits ou écrits par Melvine en Action

Melvine en Action autorise la publication partielle de l'article après accord , à la condition de faire figurer la mention suivante :
"Traduction par : Melvine en Action, http://www.melvineenaction.com/ "
Et oui c'est du travail !

Image
Melvine

Image
Avatar de l’utilisateur
Melvine
Administrateur du site
 
Messages: 3637
Inscription: Mer 2 Avr 2008 16:48

 


  • Sujets en relation
    Réponses
    Vus
    Dernier message

Return to STRATEGIE, ANALYSE DES MARCHES

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité

  • Login/Out
  • Connexion
    Nom d’utilisateur:

    M’enregistrer
    Mot de passe:

    J’ai oublié mon mot de passe
    Renvoyer l’e-mail de confirmation
    Me connecter automatiquement à chaque visite
    Cacher mon statut en ligne pour cette session

    Vous devez être enregistré pour vous connecter. L’enregistrement ne prend que quelques secondes et augmente vos possibilités. L’administrateur du forum peut également accorder des permissions additionnelles aux utilisateurs enregistrés. Avant de vous enregistrer, assurez-vous d’avoir pris connaissance de nos conditions d’utilisation et de notre politique de vie privée. Assurez-vous de bien lire tout le règlement du forum.

    Conditions d’utilisation | Politique de vie privée

  • Liens
  • Quebec Bourse
    Quebec Bourse
    Stratégies et reflexions autour de la bourse
    Stratégies et reflexions autour de la bourse
    Boursorama
    Boursorama
    Twitter personnel
    Twitter personnel