LE REVENU Semaine du 21 au 27 novembre 2008 N° 997
L'analyse de Romain Dion
La grande braderie favorise l'acheteur
Le nouveau recul du secteur bancaire entraîne toute la cote. C'est l'occasion de faire son marché.
Le G20 mobilisé. Malgré une relative déception liée à l’absence de décisions concrètes, le rassemblement des dirigeants de vingt pays réunissant 85% du produit intérieur brut de la planète a renforcé le signal d'une mobilisation internationale sans précédent. Le message est clair : les plans de relance vont se multiplier partout dans le monde et la rigueur budgétaire n'est plus d'actualité. Nos économies auront bien besoin d'un sérieux coup de pouce des pouvoirs publics, alors que le produit intérieur brut des quinze pays delà zone euro s'est contracté de 0,2% au troisième trimestre, après une baisse de 0,2% au deuxième. Aux États-Unis, les ventes au détail ont reculé plus que prévu en octobre et un nombre croissant d'entreprises revoient en baisse leurs prévisions pour la fin d'année (Intel, Wal-Mart, BestBuy, Starbucks, etc.)- Toutes ces nouvelles négatives ont pesé sur les Bourses. Mais la principale pesanteur est venue de la remise en question du plan Paulson destiné à soutenir les banques américaines. Le brouillard redevient donc plus épais et les valeurs financières se retrouvent en tête des replis hebdomadaires du CAC 40 : Dexia (-31%), Crédit Agricole (-22%), BNP Paribas (-21%), Société Générale (-20%).
Scénario à la japonaise ? La cause est entendue, la conjoncture va encore se dégrader au quatrième trimestre. Mais le débat porte désormais sur la durée et la profondeur du ralentissement. À ce titre, les références du pessimisme ambiant évoquent la crise de 1929 et, plus près de nous, la longue déflation japonaise qui avait duré plus de dix ans, après l'éclatement de la bulle immobilière en 1989. Nick Nelson, d'UBS, rappelle que le Nikkei 225 avait touché un pic à 38 915 points, le 29 décembre1989. Près de vingt ans plus tard, l'indice perd encore 79 %. Mais le stratège précise que la Banque du Japon avait remonté son taux directeur de 5,25 à 6% en août 1990,huit mois après le plus-haut du Nikkei, la première détente monétaire n'arrivant qu'en juillet 1991. Il avait fallu quatre années pour ramener le taux directeur à 1%. De leur côté, les autorités américaines ont commencé à baisser leur taux directeur un mois avant le plus-haut du S&P 500 inscrit le 11 octobre 2007, à 1 576 points et il aura suffi de douze mois pour le ramener à 1% !
Choix sectoriels.
Dans cette atmosphère de défiance vis-à-vis du marché, des professionnels encouragent un stock-picking judicieux pour profiter de faibles valorisations. Andrew Garthwaite du Crédit Suisse conseille d'acheter des valeurs télécoms (endettement et flux de trésorerie après investissements élevés) qui profiteront de la baisse des taux. Guillaume Jonchères, de Cogefi Gestion, évoque des titres défensifs tels France Télécom, Sanofi-Aventis ou Vivendi et des sociétés cycliques très dépréciées comme Schneider Electric, Vinci ou Arcelormittal. Un autre signal positif vient des dirigeants qui achètent des actions de leur entreprise. Signalons parmi les plus récents, le président de Valeo, Thierry Morin, celui de Spir Communication, Philippe Leoni, et Paul Hermelin, directeur général de Capgemini







