LE REVENU Semaine du 7 au 13 novembre 2008 • N° 995
L'analyse de Romain Dion
Le marché reprend ses esprits
La correction d'excès a provoqué une forte reprise du CAC 40. Du chemin reste à parcourir.
Effet Volkswagen. Le rebond que nous attendions s'est concrétisé avec un gain de 6,3% sur le CAC 40 en cinq séances. Le short squeeze sur Volkswagen (+348% en deux jours) aura fait perdre plus de 20 milliards d'euros aux investisseurs qui avaient vendu le titre sans le posséder, contraints de le racheter à n'importe quel prix. À l'approche de la clôture des comptes annuels, cet événement pousse de nombreux fonds spéculatifs à racheter une partie de leurs positions «vendeuses». Les plus fortes progressions des valeurs du CAC 40 sont donc enregistrées par des titres auparavant très attaqués : AlcateI-Lucent(+45%),Dexia (+37%), Société Générale (+35%), Crédit Agricole (+28%) et Michelin (+24%). Dans le même temps, d'autres fonds doivent vendre des actions pour faire face aux sorties de capitaux. En conséquence, des valeurs réputées parmi les plus solides de la cote figurent dans les performances les moins favorables de la semaine : Sanofi-Aventis (-4%), Danone (-3%), Essilor (-3%), France Télécom (+1%). Cette tendance globale de réduction des positions ouvertes devrait se prolonger jusqu'à la fin novembre, favorisant la remontée des cours sur les actions les plus fragiles, tout en pénalisant les plus beaux dossiers.
Confiance au plus bas. La baisse du produit intérieur brut américain de 0,3% au troisième trimestre a été moins forte que prévu. Mais la confiance des consommateurs est tombée en octobre à son plus-bas historique et l'indice ISM manufacturier des industriels a chuté au plus-bas depuis septembre 1982.
Cette rapide détérioration de la situation économique a conduit la Réserve fédérale à réduire son taux directeur de 1,5 à 1%, retrouvant son point bas historique de juin 2003. La profondeur de la crise incite James Knightley d'ING à anticiper un nouveau geste le 16 décembre, de 1 à 0,5%. La situation n'est pas plus rosé en Europe, avec en octobre un indicateur Ifo, reflétant la confiance des industriels allemands, à son plus-bas de cinq ans. Selon Marco Annunziata, d'Unicredit, la Banque centrale européenne devrait donc réduire son taux directeur de 3,75 à 2,75% d'ici à la fin de l'année, et encore de 2,75 à 2% à l'horizon de juin 2009. Ce mouvement serait facilité par une baisse rapide de l'inflation en zone euro, à 2,5% en fin d'année et jusqu'à 1% l'été prochain. Cette forte baisse de la rémunération des liquidités devrait ramener des capitaux vers la Bourse.
Victoire démocrate. L'élection de Barack Obama pourrait relancer le secteur malmené de la construction, en raison de l'accent mis sur les infrastructures. Des sociétés comme Lafarge et Saint-Gobain seront favorisées. Dans le programme démocrate figurent également 150 milliards de dollars d'investissements en dix ans dans les énergies renouvelables, avec l'objectif de réduire de 80% les émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050. Le certificat 100% Solex de la Société Générale [code 2017S] reproduit la performance de l'indice World Solar Energy Index composé des principaux producteurs de panneaux solaires dans le monde (First Solar, Q-Cells, Solarwolrd, etc.).







